"L'intelligent connaît les hommes par la vérité, et non la vérité par les hommes"
L'émir Abd el-Kader.
Une école doctorale en astrophysique a ouvert ses portes cet automne à l’Université de Constantine, en Algérie. Une première au Maghreb, et en tant qu’Algérienne, j’en suis fière. En tant que musulmane, je dirais qu’il était tant qu’on s’y remette. En effet, le monde musulman, a fait, entre le 9ème et le 15ème siècle, un pas de géant dans le domaine de l’astronomie. D’énormes découvertes et inventions ont vu le jour.
Les recherches en astronomie ont commencé dans le monde musulman en 830 à Bagdad qui fut la capitale du Califat abbasside. Parmi les fruits de ces recherches, nous citons la construction d’un quadrant mural de cinq mètres de côté, la plus ancienne construction permettant d’observer le ciel. Ces recherches ont également permis de mesurer un degré méridien pour calculer le diamètre de la Terre. Le résultat obtenu n’est pas très loin de la mesure correcte : 111.3 kilomètres. Au 9ème siècle l’invention de l’astrolabe à Bagdad vint révolutionner le monde de l’astronomie . Cet instrument sert à mesurer les positions et les hauteurs des astres, à mesurer l’heure, la latitude d’un lieu donné et à résoudre des problèmes mathématiques. Au 10ème siècle, l’astrologue Al-Qabîsî rédige plusieurs ouvrages, dont un qui servira à former des générations d’astrologues en Occident médiéval. Le nom latinisé de cet ouvrage est Alcabitius. Dans la ville du Caire, fondée en 969, l’astrologue Ibn Yûnus réalise une série d’observations astronomiques sur les éclipses, les conjonctions de planètes et les équinoxes qu’il décrit dans son ouvrage dédié au calife Al-Hakim en 1003. D’autres personnalités ont brillé dans ce domaine et l’ont fait briller, parmi lesquelles nous citons, El Khawarizmi, mathématicien et astronome, le père fondateur de l’algorithmique (algorithme = khawarizm) et de l'algèbre. Il y a eu également Omar El Khayam, célèbre aussi pour ses poèmes (quatrains) et qui réalisa la réforme du calendrier persan solaire. Nous n’omettrons pas d’évoquer El Khalili qui réussit en 1365 à régler les horaires de prières à l’aide de l’astronomie et construit le cadran solaire apposé sur le Minaret de la Mosquée des Omeyyades, à Damas. C’est alors que naquit la fonction de muwaqqit, un astronome professionnel chargé de régler les horaires de prières. El Khalili laissa également un recueil de tables astronomiques pour la recherche de solutions mathématiques aux problèmes liés à l’astronomie sphérique. L’une d’entre elles permet de déterminer la qibla (la direction de la Mecque pour la prière).
Les travaux scientifiques menés par les Musulmans représentent une continuité des recherches entamées par les Grecques. Les traductions du grec ont commencé au 7ème siècle sous le califat omeyyade, par le fils du Calife. C’est en Andalousie que les traductions d'ouvrages de l’arabe au latin ont débuté, pour permettre par la suite, au monde occidental, de prendre connaissance des découvertes grecques et arabo-musulmanes.
L'histoire des sciences arabes me passionne et si vous voulez en savoir plus, je vous invite à lire "l'Age d'or des sciences arabes", "L'épopée de la science arabe" ou "Grand livre des sciences et inventions arabes". Si vous êtes en Algérie, je vous recommande d'aller à l'exposition "l'Age d'or des sciences arabes" qui a lieu en ce moment au Musée d'Art Moderne d'Alger. Une exposition portant le même titre a eu lieu à Paris en 2006. J'y suis allée et je me suis régalée !
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